Ménopause et réponse sexuelle
Les raisons pour lesquelles nous éprouvons des sentiments sexuels à l'égard de certaines personnes, circonstances, images, histoires, scènes de cinéma, voix et même certaines odeurs sont très complexes. Les hormones, y compris la testostérone et l'œstrogène, ne représentent qu'un facteur contribuant à ce processus compliqué.
Comme le traitement de l'information sexuelle par notre esprit est un processus compliqué, qui n'est pas encore pleinement élucidé, nous pouvons avoir ou ne pas avoir de sentiments, de pensées ou de réponses sexuels lorsque nous faisons face à des signaux sexuels. L'expérience antérieure, l'humeur ou les distractions du moment, l'image de soi et les besoins émotionnels sont autant de facteurs qui interviennent dans ce processus menant à notre réaction.
Les femmes ont besoin de testostérone pour une réponse sexuelle
Il semble que, pour avoir des sentiments et une réponse sexuels, un faible taux de testostérone est nécessaire. Ainsi, en autant que les autres facteurs émotionnels sont favorables, la présence de testostérone permet d'allumer des sentiments sexuels.
L'œstrogène est fabriqué à partir de la testostérone. Le fait d'avoir des cycles menstruels indique qu'il y a fabrication d'œstrogène. Par conséquent, la menstruation révèle aussi que ces femmes produisent une quantité normale de testostérone. Il est vrai, cependant, que les taux de testostérone atteignent un pic durant l'ovulation. Ainsi, chez les femmes qui n'ovulent pas, notamment en préménopause, le désir sexuel est quelque peu plus difficile à stimuler.
Les utilisatrices de contraceptifs oraux ne produisent pas d'ovules non plus, car les pilules ont essentiellement freiné les activités des ovaires. Cependant, la pilule contient un progestatif en association avec un œstrogène, et le progestatif produit un effet quelque peu semblable à celui de la testostérone. Signalons que les contraceptifs oraux ne sont pas tous composés des mêmes hormones – certains d'entre eux contiennent des progestatifs dont les effets ressemblent davantage à ceux de la testostérone.
Qu'arrive-t-il à la fabrication de testostérone après la ménopause?
Après la ménopause, la plupart des femmes continuent à fabriquer suffisamment de testostérone et ne remarquent aucun changement particulier quant aux pensées, aux rêves ou aux fantaisies sexuels, ou à leur capacité à répondre à des stimuli sexuels.
Dans certains cas cependant, un changement remarquable survient, notamment dans les cas d'une ménopause précoce ou d'une ménopause provoquée par une chirurgie, une radio- ou une chimiothérapie. À partir de la ménopause, ces femmes n'ont plus de fantaisies sexuelles, n'ont plus envie de se stimuler (masturber) même si elles le faisaient par le passé. Il leur est difficile aussi de réagir à un partenaire, un film, un livre ou tout ce qui déclenchait chez elles des sentiments ou des pensées sexuels. Toute excitation est partielle et demande beaucoup de temps. Les orgasmes sont tout à fait absents ou d'une intensité vraiment réduite.
Ce changement net résulte des perturbations hormonales de la ménopause. Ces femmes décrivent leur situation par des images comme « la nuit et le jour » ou « une lumière qui s'éteint ». Leur corps semble « sexuellement endormi » – certaines se diront tristement « sexuellement mortes ».
Un substitut de testostérone chez les femmes en insuffisance?
Oui, on peut envisager un remplacement partiel de la testostérone chez les femmes ayant subi une ménopause précoce ou soudaine, provoquée par la chirurgie ou la chimiothérapie. Ce remplacement s'ajoutera au traitement substitutif d'œstrogène.
Chez les femmes ayant eu une ménopause naturelle, il est rare d'observer une baisse marquée du taux de testostérone. Cela se produit cependant, dans certains cas – c'est comme si les ovaires étaient complètement supprimés bien qu'ils n'aient pas été enlevés lors d'une opération ni endommagés par la chimio- ou la radiothérapie. Le remplacement de la testostérone pourrait s'avérer utile dans ces cas.
L'œstrogène et la stimulation sexuelle
L'œstrogène permet la réponse des organes génitaux et probablement des seins à la stimulation sexuelle. L'œstrogène contribue au mécanisme compliqué par lequel le clitoris et les autres tissus érectiles chez la femme se remplissent de sang à mesure que celle-ci devient excitée sexuellement. En l'absence d'une réponse de ces tissus, la femme ne ressent pas les sensations de chaleur, de plénitude et de picotement, et la stimulation génitale n'apporte pas de plaisir. Ce mécanisme nécessite une quantité minimale d'œstrogène.
Un autre mécanisme, régi aussi par l'œstrogène, amène du sang dans les parois vaginales tout en déclenchant la sécrétion d'un liquide lubrifiant dans la face interne du vagin.
Des prises d'œstrogène pour aider la fonction sexuelle chez les femmes ménopausées?
Pas nécessairement. En général, les ovaires continuent à sécréter de la testostérone après la ménopause. Chez certaines femmes, une portion suffisante de cette testostérone est convertie en œstrogène dans les cellules adipeuses du corps. Chez d'autres cependant, surtout celles qui sont particulièrement minces, cette conversion de la testostérone en œstrogène ne fournit pas suffisamment de ce dernier. Mentionnons aussi que certaines femmes ne disposent plus de tissu ovarien en raison d'une chirurgie ou d'une chimiothérapie.
Certaines femmes choisissent de suivre un traitement à l'œstrogène pour soulager leurs symptômes ménopausiques, préserver leur densité osseuse ou prévenir les maladies cardiaques. Les préparations d'œstrogène se présentent sous forme de comprimés pour voie orale, de gel ou de timbres à appliquer sur la peau. Pour d'autres femmes, le traitement œstrogénique d'appoint est nécessaire seulement dans la région génitale; elles optent alors pour une crème vaginale ou un anneau qui est placé haut dans le vagin et doit être changé tous les 3 mois. Cette dernière option est particulièrement utile pour les femmes qui ne devraient pas avoir d'œstrogène dans le corps, comme celles qui ont eu certaines formes de cancer du sein.
Rôle de la prolactine et de l'hormone thyroïdienne dans la fonction sexuelle
La prolactine est une hormone sécrétée par l'hypophyse, glande située dans la base du cerveau. Chez les hommes, la présence d'un taux élevé de prolactine entraîne souvent une baisse de la pulsion sexuelle. Les effets de cette hormone sont moins clairs chez les femmes, mais nous savons que l'élévation de la prolactine nécessite un traitement, car elle peut être associée à l'absence de menstruation, à des irrégularités du cycle menstruel, à la difficulté à concevoir et, parfois, à d'autres symptômes comme les maux de tête.
Enfin, un taux approprié d'hormone thyroïdienne est nécessaire pour déclencher sentiments et réponses sexuels. Encore une fois, un excès ou un manque d'hormone exige un traitement, mais le problème est souvent diagnostiqué à partir d'autres symptômes – et rarement des symptômes d'ordre sexuel. Chez les femmes dont la fonction thyroïdienne est insuffisante, le symptôme sexuel le plus souvent observé est une baisse de la libido et une réponse sexuelle diminuée.